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Témoignage | Devoir partir avec presque rien…

08/05/2017

Un billet de

 

 

C’est l’apocalypse dans la cour arrière de nos voisins… Il ne reste plus rien. Malgré tout leur bon vouloir, les gens doivent quitter leur maison, leur nid douillet.

 

Devant les faits, ce fin de semaine, ce n’est pas le démarrage de la piscine ou encore la préparation du jardin qui était au programme de plusieurs résidents du Québec, mais bien la sauvegarde de leur propre logis ou même de leur propre sécurité, dans certains cas!

 

Ces temps plutôt maussades ont fait ressurgir en moi plusieurs souvenirs que j’aurais préféré laisser de côté. Comme je vis sur une île, j’ai eu le réflexe de me questionner sur mon mode de vie dans une pareille situation… Devrais-je me préparer au pire ? Devrais-je prévoir une épicerie en conséquence (cannage, eau en bouteille, etc.) ? Bref, je savais que je devrais changer quelques comportements dans mes habitudes pour la durée du sinistre.

 

Pourtant, ce matin, j’apprendrai que notre île est protégée par un système de barrage et que la plus haute augmentation d’eau possible dans mon coin ne serait que de 6 ou 8 pouces, tout au plus. Mes inquiétudes tombent… Ce matin j’irai faire mon jogging en parcourant le bord de l’eau en étant satisfaite de savoir que mon habitation, située à 600 mètres de l’eau, sera protégée contre un tel désastre. Cette fois-ci, je respire…

 

Cependant, ce n’est pas le cas pour tout le monde. Ce n’était d’ailleurs pas mon cas non plus en 1996, lorsque nous avions été touchés, ma famille et moi, par les inondations en Haute-Mauricie (La Tuque)… des suites du déluge du Saguenay.

 

 

 

Ce n’était d’ailleurs pas mon cas non plus, lorsqu’une partie de la forêt a pris feu en 1995 et que mes parents et moi attendions chaque heure des nouvelles à savoir si nous étions pour être évacués. Le même scénario se reproduira en 2010, quelques années plus tard :

 

 

Ce n’était d’ailleurs pas le cas de mon conjoint non plus, lorsqu’en 1998, lui et sa famille ont été évacués pendant la crise du verglas.

 

 

Mais on a oublié… On a oublié que le pire pouvait arriver… et bien sûr, on a oublié comment faire !

Que faire lorsque ça arrive ? Que sauve-t-on ? C’est là que je me suis rappelé ces quelques souvenirs…

 

 

JUILLET 1995 - Aux portes de l'enfer
Je n’ai pas encore 12 ans, la nuit, le ciel est orangé. Des cendres virevoltent et dansent avec les nuages de fumée sur le fond noir du vide astral, nous jouons encore dans la cour arrière de chez mes parents, mais l’air est à peine respirable… Les oiseaux quittent par milliers la région depuis des heures, ma mère me demande de me préparer une petite boîte dans laquelle je déposerai ce que je ne veux pas perdre. La forêt près de chez moi est en feu…

 

Ma boîte est minuscule… J’y dépose alors quelques photos et mon appareil photo, des batteries, une petite poupée, un baladeur (musique), un cahier pour colorer, des crayons et un bout de tissu restant de mon oreiller préférée (celle mangée par le chien!). Des souvenirs… rien de plus.

 

Ma mère regarde ma boîte et me demande si j’ai pensé à des vêtements… Je lui répondrai que ceux que je porterai seront largement suffisants. Nous sommes en été, il fait très chaud. Elle me demande si j’ai pensé au poids de la boîte, je lui dis alors que je peux la porter, mais que je vais devoir choisir entre mon baladeur et mon appareil photo, puisque les deux la rendre trop lourde pour mes petites mains.

 

Elle pleure, elle ne sait pas si nous perdrons tout. Elle ne sait pas non plus si nous aurons encore une maison à notre retour.

 

Ville La Tuque sous la fumée... Crédit photo : Le Nouvelliste

 

Les citernes dans le ciel... Crédit photo : Inconnu

 

Je vois les avions-citernes dans le ciel et les hélicoptères qui s’acharnent à éteindre le feu au loin avec des barils d’eau, je vois les routes se fermer autour de chez moi… puis, la pluie commence à tomber…

 

24 h plus tard, il pleut encore... ma mère en est heureuse ! Le téléphone sonne… on nous apprend que le feu est contrôlé, que nous n’aurons pas besoin d’évacuer la maison. Ma mère pleure de joie et remercie le ciel pour la pluie. Le feu prendra plus d’une semaine à être éteint complètement. Plusieurs auront perdu leur maison dans cet incendie, mais heureusement, notre petit village non loin de La Tuque n’aura pas été touché.

 

 

JUILLET 1996 - Que l'on construise une arche!
Une année s’est écoulée depuis la peur rouge et nous serons de nouveau touchés par dame nature… mais cette fois, c’est dû à la crue des eaux et du grand déluge venant du Saguenay.

 

Cette fois-ci, ma mère maudit la pluie !  Mon père sera alors tout fier de dire qu’il est heureux d’avoir construit notre maison sur une montagne ! La route est fermée, plusieurs citoyens sont évacués, mais nous, nous resterons à la maison. Comme nous avons un foyer au bois, de la nourriture en masse et une fermette à entretenir, nous sommes alors presque autosuffisants. Mon père jugera à ce moment que nous survivrons au déluge… et nous le ferons !

 

Cette fois-là, j’avais tout de même préparé ma boîte. À vrai dire, je ne l’ai jamais vraiment défaite. Depuis ce jour, dans ma vie d’enfant, j’ai toujours conservé cette petite boîte près de moi, au cas où il faudrait partir vite. Plus j’y repense et plus je réalise à quel point tout ce qui m’importait dans ma petite vie d’enfant, c’était cette minuscule boîte et ce qu’elle contenait.

 

 Saguenay/Chicoutimi 1996 : Crédit photo : La Presse

 

 

 

AUJOURD’HUI - Ce calme qui n'est que le mien...
Nous sommes en 2017, ma ville actuelle est entourée d’eau... je suis chanceuse, nous sommes protégés par les barrages. Cependant, je réalise à quel point l’équilibre est fragile…

 

Je prépare tout de même une liste de chose que je voudrais sauver advenant un déluge, advenant un feu ou même, une crise quelconque… Je réalise alors que la seule chose que je sauverais, c’est encore une fois cette petite boîte. Mais cette fois, elle est électronique et contient tous mes souvenirs, tous mes travaux et toutes mes photos. C’est mon disque dur externe !

 

Pour le reste, je ne ramasserais que l’essentiel, tout ce qui entre dans un sac à dos. Vêtements, surtout, hygiène perso, quelques bases pour survivre.

 

Nous accumulons tellement de choses au fil du temps, tellement de trucs qui sont soi-disant indispensables… Des objets qui nous possèdent, bien plus que nous les possédons. Lorsqu’on s’y arrête un peu… cette petite boîte que j’ai faite lorsque j’étais enfant, c’est un symbole, un symbole de ce qui est important pour moi.

 

Pour ceux qui ne sont pas touchés... aujourd’hui, je vous invite à faire un petit jeu. Prenez une petite boîte, ensuite, réfléchissez… Si vous aviez à quitter la maison d’urgence, que déposeriez-vous dans cette petite boîte ?

 

N’oubliez pas… c’est la seule chose que vous pourrez traîner partout avec vous. Elle ne doit pas être encombrante, elle doit être légère et surtout, elle doit entrer dans votre valise.

 

Dans cette boîte, vous y déposerez tout ce que vous aimez vraiment, des choses que vous ne voudriez pas perdre. Ces objets, ces biens, ce sont les choses qui sont les plus importantes à vos yeux. Le reste, c’est du superflu, du remplaçable.

 

Une fois que vous aurez compris que la seule chose que vous devriez protéger dans votre vie, outre ceux que vous chérissez, ce sont les objets dans cette petite boîte, vous aurez alors réalisé toute l’importance de vivre mieux, avec moins. ;)

 

Pour le reste, je souhaite bon courage à tous ceux qui vivent des moments difficiles et je souhaite de tout cœur que vous puissiez retrouver la sérénité d’esprit lorsque vous retournerez dans vos habitations.

 

Sur ce, bonne chance !

 

 

 

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