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Témoignage | Vivre avec la mort d'un proche

31/03/2016

Un billet de

 

 

Ok, ce n’est pas de gaieté de cœur que j’écris cet article, ou plutôt, ce résumé d’un mois de marde! Normalement, je suis le genre positif-réaliste… Vous voyez le genre? Celle qui te dit ça va bien aller, mais qu’en réalité au fond, elle vit franchement un moment de chiotte!

 

Le mois de mars était censé se dérouler dans la beauté et l’effervescence d’une belle semaine de relâche à Disney Land avec mes deux adorables amours aux yeux pétillants…

 

(Ouais! Je sais. Le royaume de la surconsommation et de l’abondance inutile! Mais moi, j’aime leurs ti-bonshommes et je capote sur les manèges et les mascottes. Comme dans ma vie d’enfant je ne suis JAMAIS allé à Disney, c’était pour moi un rêve. Oh et puis zut le zéro déchet! J’ai BESOIN de vivre cette magie-là dans ma vie, pour un moment.)

 

Mais ma fille en a décidé autrement. Mademoiselle s’est farci une superbe crise d’appendicite nécessitant une opération d’urgence, le vendredi de notre « supposé » départ. Bah ouais! Mais j’ai un sixième sens, fac je n’ai pas acheté les billets pour nos vacances deux jours avant. Noooonnn! Je le savais que c’était trop beau!

 

Nous quittons donc en beau joual vert la maison pour séjourner (encore bout de ****) dans un hôpital de la région… Mais moi, je pensais que c’était tout!

 

La vie, t’es parfois vraiment smart et tu nous jettes des roches sur la tête, même quand on a déjà le crâne fracassé. Fac t’as envoyé mon père pour son rendez-vous de routine dans un autre hôpital (encore) pour finalement lui dire :  « Ey mon champion, t’es poumons marchent pas ben, on va te garder ici par précaution! » le même vendredi que ma fille s'est fait opérer!

 

T’avais vraiment envie de me faire ***** han?! Ben c’est réussi!

 

Le lendemain matin, ma fille souffre encore beaucoup, mais ils nous donnent tout de même son congé de l'hôpital, de toute façon, ils manquaient de lits! (Les coupures, tsé!)

 

Bon. On fait quoi?!

 

On trouve une nurse de secours pour ma fille et on file à Québec! Ben oui… Papa à été transféré aux soins intensifs!

 

(Eh… Minute papillon?!)

 

C’est le cœur scié en deux avec une chainsaw mal affûtée que je dois laisser mon gars et ma fille en convalescence chez l’un de nos amis… avec le chiot!

 

Qu’on se comprenne bien, on véhicule souvent que tout va bien sur les réseaux sociaux, mais la réalité n’est pas toujours un beau bonbon rose fuchsia. Ça fait que depuis les 12 dernières années, même si j'ai un sourire bonasse à faire rager le voisin, je suis souvent (trop souvent) confronté à la maladie et de surcroît, au point de non-retour.

 

Et ça me laisse chaque fois un gros trou dans le ventre.

 

 

 

 

 

 

vide.

 

 

 

 

 

 

 

Arrivée à l’hôpital, je me dirige dans la salle d’incubation où séjourne mon père.

 

(Mais tu fous quoi là!?)

 

Quand je suis arrivé dans sa chambre, mon père m’a engueulé :

 

« T’aurais dû rester avec TA FILLE! Elle vient de se faire opérer […] »

 

J’étais mal. Déjà que mon cœur était à Valleyfield et à Québec en même temps, je souffrais terriblement en-dedans.

 

Puis, on a écouté le hockey à la radio ensemble et il a eu mal à la tête…

 

Il m’a dit :

 

- Je ne veux pas m’endormir, je sais que je ne vais pas me réveiller…

 

- Arrête donc, on va être là demain quand tu vas te réveiller, tu te réveilles toujours, même quand tu te fais écraser par un char! Fac tu vas te réveiller.

 

Mais cette fois-là quand il m’a dit : « Je lâche prise mon bébé », juste avant de se faire intuber pour la nuit, j’ai compris qu’il ne reviendrait pas et que c'était la dernière fois que je lui parlais de vive voix.

 

Pourtant, un mois avant, il était dans mon sous-sol, tout souriant en train de finaliser les derniers travaux dans ma maison. Il me l’avait promis : « Quand je vais aller mieux, je vais aller t’aider avec ta nouvelle maison ».

 

Justement, il allait mieux! On lui avait annoncé le mois dernier que son cancer était guéri! Après 12 ans à vivre des hauts et des bas, à 54 ans, il pouvait enfin envisager un avenir différent!

 

(Mais putain de merde, y s’est passé quoi entre les deux!?)

 

Pourtant... Ils l’ont endormi. Ils lui ont installé une machine pour le faire respirer et on a tous espéré... Pendant trois semaines on a été méchants les uns envers les autres, nos mots dépassant nos pensées, voyant la finalité mais je l'acceptant pas. Puis après 21 jours dans un coma artificiel, on se doutait bien qu’il ne se réveillerait pas.

 

 

 

 

L’an dernier au printemps, nous étions dans les mêmes conditions avec mon beau-père, mais lui, c’est de son plein gré qu’il a demandé à se faire débrancher.

 

Cette fois-ci, c’est moi, ma mère et ma sœur qui avons eu la lourde tâche de donner le OK au docteur. C’était très lourd à porter. J’avais l’impression d’avoir une fauche en main. J’étais à ce moment précis La Mort. Je n’avais pas envie d’être là pour voir ça (encore). Mais j’y étais. Et j'en garde d'épouvantables images.

 

Ce n’est pas pour me plaindre, loin de là! Toutes ces confrontations face à la finalité m’auront fait réaliser des tas de trucs. Mais des trucs plates!

 

On m’avait parlé d’un ciel et de belles étoiles, des anges et tout le bla bla spirituel qui va avec la Mort. Bref, on m’avait donné une façon de voir la Mort “du bon côté”…

 

Je ne me suis jamais considéré catholique, bouddhiste ou même athée, je me suis toujours cherché dans toutes ces religions, parce que j’ai été élevé là-dedans. Je me suis toujours questionné sur ce qui était bon ou non, parce que dans toutes les religions incluant “la mienne”, on nous défend et/ou permet des choses, mais toutes sans exception, se contredisent sur le bon et le mauvais.

 

C’est quoi la bonne réponse alors?!

 

J'en sais rien.

 

Mais à ce moment précis, pour la deuxième fois en un an, j’ai vu un homme “vivant” devenir un simple “bout de viande”...

 

Ne le prenez pas mal. Mais pour moi, cette “chose” inerte n’était pas mon père. C’était un avatar. Rien de plus.

 

J’étais fâchée, insultée, je ne pouvais pas concevoir que la vie ce n’était qu’une série de cellules dans un cerveau qui cessaient subitement de fonctionner. Comme si les êtres humains étaient tous reliés entre eux comme les sites internet le sont sur la toile. Et puis là, un virus a détruit le disque dur et fait planter le serveur qui nous reliait les uns aux autres…

 

J'engueulais l'absence, le vide. Mon chum me demandant de me calmer.

 

J’avais l’impression d’être dans la Matrice.

 

Alors, on fait quoi ensuite!?

 

On cherche, on s’informe. Y’en a pas de réponse possible. Y’a que des théories selon les différentes religions, selon les grands philosophes et selon les scientifiques et personne ne s'entend là-dessus.

 

On le vit tous à notre façon.


Perso, j’en ai déduit que la mort c’était la fin. Point. Il ne vivrait désormais que dans nos souvenirs.

 

C’est assez les conneries! Le Père Noël ne vit pas au Pôle Nord. Aussi bien vivre le moment présent et ne pas penser à demain.

 

Demain, c’est trop loin.

 

Ailleurs, rien n’est certain.

 

Mon paradis, c’est ici et maintenant sur cette Terre.

 

Et je batifole dans ces pensées délirantes.

 

 

 

 

 

TIME

IS

Now.

 

 

 

 

 

 

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